Comment mixer art, design, mode et communication ? Comment détourner les différents médias liés à la société de consommation ? Comment édifier une oeuvre qui soit à la fois décloisonnée, foisonnante, et cohérente ? Cyril Duval, artiste français installé à New-York, tente de répondre à ces questions par le biais de son travail. Cet inlassable collectionneur d'images glanées au fil de ses voyages et de ses prolifiques collaborations est moins connu sous son propre nom que sous le pseudonyme d'Item-Idem, alter ego conceptuel lui permettant de brouiller encore plus les pistes, de se détourner aussi lui-même de façon à réellement devenir l'opérateur et la matière même de son travail de création.
Pouvez-vous vous présenter ?
Cyril Loup Aimé Duval Hörlin du Houx, aka Item Idem. Je suis artiste conceptuel et je travaille au carrefour de l'art, du design intérieur et produit, de la mode et de la communication visuelle.
Comment avez-vous choisi le nom de votre alter-ego, "Item Idem" ?
J'utilise ce patronyme depuis le début des années 2000. J'étais encore étudiant quand je l'ai inventé. Je pense que mon inconscient a essayé de définir un concept qui pourrait expliquer mon intérêt pour le mélange de genres, mais aussi ma capacité à fusionner conceptuellement les idées, les esthétiques et les formes au sein d'un seul media unique qui me serait propre. Évidemment, on peut y voir une forme s'approchant du genre de l'appropriation, mais cela ne représente en fait qu'une petite partie de mon travail.
Vous explorez aussi bien l'art contemporain, que le design ou la mode et même le marketing. Avez-vous malgré tout un médium de prédilection ?
Non, car c'est la jonction de tout ces médiums qui définit l'essence de mon travail. Plus j'hybride ces genres, et plus ma pratique artistique devient unique et personnelle. Ceci dit, c'est tout de même à l'art conceptuel que je suis le plus attaché, ainsi que l'humour et l'intelligence intemporelle de mouvements comme FLUXUS, ou DADA.
Quelle importance accordez-vous au bricolage ?
Pas plus d'importance qu'à autre chose. Je travaille souvent avec mes mains, lorsque s'impose à moi la décision d'obtenir un résultat visuel avec un langage simple et artisanal. A contrario, je suis tout a fait capable de faire intervenir n'importe quel corps de métiers si je recherche un résultat parfait et lisse. Chaque problématique induit une réponse précise et adaptée. En ce sens, je pense que mon style, à proprement parler, est par essence indéfinissable.
Vous travaillez souvent à l'aide d'images que vous trouvez. Quels sont vos critères de sélection ?
Je choisis des images selon des critères d'originalité, d'étrangeté. Il faut qu'elles génèrent de la surprise. Bien sûr, j'accorde beaucoup d'importance à la composition visuelle, spatiale, et les références culturelles, sociales, ou idéologiques qu'expriment de façon sous-jacente ou directe ces images.
Est-ce que ce travail de récupération d'images est plus un travail de collectionneur, d'archiviste ou de sampleur ?
Les trois à la fois. Je recherche et je collectionne pour le simple plaisir et car je suis curieux par essence. Je fais ensuite appel à des éléments que je trouve propices à illustrer et sur lesquels référencer mes idées créatives, mes problématiques.
Pourquoi tramez-vous si souvent l'imagerie liée au luxe à des formes plus prolétaires (logo Mc Donald transformé en une installation reprenant le logo de Chanel, etc) ?
J'aime mettre en contradiction et/ou rapprocher des genres et codes visuels prétendument inassimilables... C'est ma façon de faire du "populisme cultural" (rire). J'essaye cependant de ne jamais introduire un commentaire précis, car je considère qu'une bonne oeuvre d'art n'est réussie que si le spectateur se forge lui-même ses propres pistes de lecture et donc son commentaire personnel.
Peut-on être encore subversif avec ce genre d'associations, de nos jours ?
Oui et non. L'art et la mode c'est un sujet un peu ringard... De mon côté, j'essaie de ne jamais faire de mon travail un commentaire seulement anti-establishment, ou d'en faire quelque chose de revendicatif. Ce qui m'intéresse beaucoup plus, une fois encore, c'est lorsqu'une pièce a plusieurs niveaux de lecture possibles ; c'est la discussion que je créée entre les ingrédients idéologiques et sculpturaux au sein mon travail qui définit l'essence même de mon médium artistique.
Pouvez-vous me parler de vos sculptures de kimonos réalisés en sacs à main ?
Il s'agit des numéros 3 et 4 de mes essais sculpturaux allant à la rencontre avec la production de mode, le rééchantillonage et la "re-fabrication". Les visiteurs pourront donc admirer deux kimonos dorés et argentés, créés à partir de faux sacs Louis Vuitton (cette collection a été faite en collaboration avec Richard Prince). Ils sont décomposés et recomposés avec du plastique iridescents fondus et des couvertures de survie. Ces pièces ont été créées comme des artefacts, des images d'une archéologie du futur. Elles étaient destinées au pop-up bar de la galerie de "032 magazine" à Berlin en 2009. Ces pièces ont ensuite voyagé et été montrées à Kyoto, au Japon, avant de se diriger maintenant vers Monaco.
Vous travaillez souvent en collaborant avec des créateurs et structures venant de tous les horizons : AA Bronson, colette, Tobias Wong... Comment se déroulent ces collaborations ? Comment parvenez-vous à vous adapter au regard et aux méthodes de travail de quelqu'un d'autre ?
Vous touchez là à un point intéressant. Je pense que l'essence même de mon travail se situe dans ce processus de rencontres, de discussions, d'échange et de collaborations. Cela me permet aussi de pousser mon travail dans ses retranchements de façon à le redéfinir constamment, le mener aux confins de genres créatifs et culturels que je n'ai pas encore explorés.
En mars 2011, vous avez dessiné les décors de Pierrot Lunaire, pièce de théâtre du réalisateur Brucelabruce. Comment avez-vous abordé cette nouvelle activité et cette collaboration ?
Bruce et moi sommes amis et collaborateurs de longue date. La direction artistique de cet opéra représente notre projet le plus abouti à ce jour. Il a demandé plusieurs mois de conception et recherche, avant de finir par un séjour de deux mois à Berlin. Nous y avons dirigé une équipe complète pour la réalisation et la construction de cette pièce. C'est certainement mon projet le plus spectaculaire !
Justement, quels sont vos projets ?
Je finalise mon nouveau site web qui devrait être assez novateur et articuler de façon claire et lisible mon interaction de ces six dernières années avec tout les genres créatifs auxquels je me suis essayé : installation, direction créative, stylisme, mode, design intérieur et produit, architecture, développement conceptuel, sculpture industrielle, vidéo, performances, lectures, marketing, branding, consulting, etc. Ce qui fait beaucoup !
Pouvez-vous vous présenter ?
Cyril Loup Aimé Duval Hörlin du Houx, aka Item Idem. Je suis artiste conceptuel et je travaille au carrefour de l'art, du design intérieur et produit, de la mode et de la communication visuelle.
Comment avez-vous choisi le nom de votre alter-ego, "Item Idem" ?
J'utilise ce patronyme depuis le début des années 2000. J'étais encore étudiant quand je l'ai inventé. Je pense que mon inconscient a essayé de définir un concept qui pourrait expliquer mon intérêt pour le mélange de genres, mais aussi ma capacité à fusionner conceptuellement les idées, les esthétiques et les formes au sein d'un seul media unique qui me serait propre. Évidemment, on peut y voir une forme s'approchant du genre de l'appropriation, mais cela ne représente en fait qu'une petite partie de mon travail.
Vous explorez aussi bien l'art contemporain, que le design ou la mode et même le marketing. Avez-vous malgré tout un médium de prédilection ?
Non, car c'est la jonction de tout ces médiums qui définit l'essence de mon travail. Plus j'hybride ces genres, et plus ma pratique artistique devient unique et personnelle. Ceci dit, c'est tout de même à l'art conceptuel que je suis le plus attaché, ainsi que l'humour et l'intelligence intemporelle de mouvements comme FLUXUS, ou DADA.
Quelle importance accordez-vous au bricolage ?
Pas plus d'importance qu'à autre chose. Je travaille souvent avec mes mains, lorsque s'impose à moi la décision d'obtenir un résultat visuel avec un langage simple et artisanal. A contrario, je suis tout a fait capable de faire intervenir n'importe quel corps de métiers si je recherche un résultat parfait et lisse. Chaque problématique induit une réponse précise et adaptée. En ce sens, je pense que mon style, à proprement parler, est par essence indéfinissable.
Vous travaillez souvent à l'aide d'images que vous trouvez. Quels sont vos critères de sélection ?
Je choisis des images selon des critères d'originalité, d'étrangeté. Il faut qu'elles génèrent de la surprise. Bien sûr, j'accorde beaucoup d'importance à la composition visuelle, spatiale, et les références culturelles, sociales, ou idéologiques qu'expriment de façon sous-jacente ou directe ces images.
Est-ce que ce travail de récupération d'images est plus un travail de collectionneur, d'archiviste ou de sampleur ?
Les trois à la fois. Je recherche et je collectionne pour le simple plaisir et car je suis curieux par essence. Je fais ensuite appel à des éléments que je trouve propices à illustrer et sur lesquels référencer mes idées créatives, mes problématiques.
Pourquoi tramez-vous si souvent l'imagerie liée au luxe à des formes plus prolétaires (logo Mc Donald transformé en une installation reprenant le logo de Chanel, etc) ?
J'aime mettre en contradiction et/ou rapprocher des genres et codes visuels prétendument inassimilables... C'est ma façon de faire du "populisme cultural" (rire). J'essaye cependant de ne jamais introduire un commentaire précis, car je considère qu'une bonne oeuvre d'art n'est réussie que si le spectateur se forge lui-même ses propres pistes de lecture et donc son commentaire personnel.
Peut-on être encore subversif avec ce genre d'associations, de nos jours ?
Oui et non. L'art et la mode c'est un sujet un peu ringard... De mon côté, j'essaie de ne jamais faire de mon travail un commentaire seulement anti-establishment, ou d'en faire quelque chose de revendicatif. Ce qui m'intéresse beaucoup plus, une fois encore, c'est lorsqu'une pièce a plusieurs niveaux de lecture possibles ; c'est la discussion que je créée entre les ingrédients idéologiques et sculpturaux au sein mon travail qui définit l'essence même de mon médium artistique.
Pouvez-vous me parler de vos sculptures de kimonos réalisés en sacs à main ?
Il s'agit des numéros 3 et 4 de mes essais sculpturaux allant à la rencontre avec la production de mode, le rééchantillonage et la "re-fabrication". Les visiteurs pourront donc admirer deux kimonos dorés et argentés, créés à partir de faux sacs Louis Vuitton (cette collection a été faite en collaboration avec Richard Prince). Ils sont décomposés et recomposés avec du plastique iridescents fondus et des couvertures de survie. Ces pièces ont été créées comme des artefacts, des images d'une archéologie du futur. Elles étaient destinées au pop-up bar de la galerie de "032 magazine" à Berlin en 2009. Ces pièces ont ensuite voyagé et été montrées à Kyoto, au Japon, avant de se diriger maintenant vers Monaco.
Vous travaillez souvent en collaborant avec des créateurs et structures venant de tous les horizons : AA Bronson, colette, Tobias Wong... Comment se déroulent ces collaborations ? Comment parvenez-vous à vous adapter au regard et aux méthodes de travail de quelqu'un d'autre ?
Vous touchez là à un point intéressant. Je pense que l'essence même de mon travail se situe dans ce processus de rencontres, de discussions, d'échange et de collaborations. Cela me permet aussi de pousser mon travail dans ses retranchements de façon à le redéfinir constamment, le mener aux confins de genres créatifs et culturels que je n'ai pas encore explorés.
En mars 2011, vous avez dessiné les décors de Pierrot Lunaire, pièce de théâtre du réalisateur Brucelabruce. Comment avez-vous abordé cette nouvelle activité et cette collaboration ?
Bruce et moi sommes amis et collaborateurs de longue date. La direction artistique de cet opéra représente notre projet le plus abouti à ce jour. Il a demandé plusieurs mois de conception et recherche, avant de finir par un séjour de deux mois à Berlin. Nous y avons dirigé une équipe complète pour la réalisation et la construction de cette pièce. C'est certainement mon projet le plus spectaculaire !
Justement, quels sont vos projets ?
Je finalise mon nouveau site web qui devrait être assez novateur et articuler de façon claire et lisible mon interaction de ces six dernières années avec tout les genres créatifs auxquels je me suis essayé : installation, direction créative, stylisme, mode, design intérieur et produit, architecture, développement conceptuel, sculpture industrielle, vidéo, performances, lectures, marketing, branding, consulting, etc. Ce qui fait beaucoup !
Crédits images :
01 & 02 : © Item Idem
01 & 02 : © Item Idem
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